« MONtaigne à L’uvre » (MONLOE)
L’objectif de ce projet est de réunir, dans un ensemble vaste qui constituerait un corpus d’auteur, les principales éditions des Essais, l’édition diachronique de l’exemplaire dit « de Bordeaux », tous les ouvrages portant sa signature conservés dans les différentes bibliothèques publiques et privées, et les principaux ouvrages dont on peut considérer qu’ils constituent des sources majeures des Essais. Le legs « Gilbert de Botton » à la Bibliothèque de l’Université de Cambridge en 2008 a fait naître ce projet international et collaboratif. « Montaigne à l’œuvre » (MONLOE) mettra l’accent sur ce que l’on peut découvrir de la dimension créative d’une œuvre à partir d’un corpus entièrement numérisé : processus d’élaboration, additions et corrections, modification des textes-sources et des compilations, interventions d’auteur, invention de l’« essai » et des concepts les plus significatifs des Essais (« humaine condition », doute, prudence, inscience, bonne foi, « fantaisie »…). La comparaison effectuée grâce à l’alignement entre les différentes éditions des Essais, le marquage des citations, la transcription encodée en XML/TEI de l’exemplaire de Bordeaux, constituent des défis techniques et scientifiques stimulants pour la mise en valeur d’un patrimoine littéraire exceptionnel. La reconstitution de la bibliothèque en 3D et une version lue des Essais permettront aussi à un large public de bénéficier des résultats d’une entreprise qui associe étroitement recherche et culture dans les domaines du texte, de l’image et du son.
Contenu du corpus
Numérisations acquises ou à acquérir par les BVH
- Cambridge : 9 ouvrages possédés par Montaigne ont été récemment légués par les héritiers de Gilbert de Botton à la Bibliothèque de l’Université de Cambridge, avec la signature autographe ou les annotations. Les BVH ont pu acquérir en 2010, sur des crédits du CPER (Contrat de Projet État-Région), l’intégralité de cette série et d’autres ouvrages remarquables, notamment :
- Le « Lucrèce » découvert en 1994 : la numérisation conjointe avec Cambridge est achevée ; la structuration des fac-similés a été réalisée au premier semestre 2011 et les six premiers volumes sont en ligne (25 juillet 2011), avec les transcriptions et la traduction d’Alain Legros :
- Lucrèce, De rerum natura, 1563
- Montaigne, Les Essais, 1598
- Montaigne, Les Essais, 1652 (exemplaire de Jean-Jacques Rousseau)
- Guy de Brues, Dialogues, 1557
- Joachim Du Bellay, Les Regrets, 1565
- Montaigne, Les Essais, 1635 (édition de Marie de Gournay)
- Aimoin, Appien, Sophocle, Egnatius
- Essais de 1595, 1598, 1635
- Quelques pages de titre avec la signature de Montaigne : Térence 1541, Vida (avec ex-dono : 2 pages en vis-à-vis), Strabon
- 12 autres ouvrages de la collection Gilbert de Botton ou de l’Université de Cambridge sont en cours de traitement.
- 33 ouvrages portant la signature de Montaigne à la BnF
- 29 à Bordeaux (notamment pour l’exemplaire de 1588, dit « de Bordeaux ») et le Beuther (indispensable), l’exemplaire « Lalanne » de 1580 ; l’exemplaire corrigé de 1582 ; l’exemplaire corrigé de 1588 (Lambiotte ?)
- Exemplaires des bibliothèques municipales de Libourne (3), Périgueux (avec signature vérifiée sous lampe de Wood), Toulouse
- Exemplaires des bibliothèques de l’Université de Virginie, de l’Université de l’Indiana à Bloomington, Christ Church à Oxford, Houghton Library à Harvard
- National Library of Scotland, Bibliothèque nationale de Madrid
- BU de Bordeaux
- Musée Condé à Chantilly, Fondation Bodmer (Genève)
- Deux bibliothèques particulières (Terence, récemment retrouvé) sous réserve de l’accord du propriétaire, et un autre exemplaire (non identifié) qui porterait la signature de Montaigne.
Pour cet inventaire en ligne, voir le travail effectué à Urbino par Marco Sgattoni et Barbara Pistilli.
Les fac-similés
- Les fac-similés intégraux des éditions de 1580 (Exemplaire 1, Musée de Sologne à Romorantin, déjà en ligne sur les BVH ; Exemplaire 2 (Lalanne), BM de Bordeaux, premier tirage du titre, à distinguer de Ex 3, BM Bordeaux 1582 : voir A. Legros dans Montaigne studies 2002) ; 1582 (Ex 1, BM Bordeaux ; Ex 2, BM Bordeaux avec corrections), 1588 (BM Bordeaux, exemplaire avec avis « au lecteur » corrigé par Montaigne), 1595 (Ex 1, Paris, L’Angelier, BM Bordeaux et Romorantin ; Ex 2, BU Cambridge ; Ex 3, Paris, Sonnius, BM Bordeaux, aussi numérisé par l’Université de Virginie, Gordon Collection).
- Le fac-similé de l’« Exemplaire de Bordeaux » (1588-EB), à partir d’une nouvelle numérisation. L’actuelle reproduction à partir des photos qui ont servi à la réalisation du fac-similé en couleurs (Fasano, Schena Editore, 2002), est disponible en ligne sur le site du « Montaigne Project » (P. Desan, Montaigne Studies), mais la nouvelle numérisation permettra d’effectuer des travaux plus précis sur les parties manuscrites, les encres et les détails à exploiter.
- Les fac-similés d’éditions postérieures et exemplaires remarquables :
- 1598, BM Bordeaux ; BU Cambridge (exemplaire avec avis « au lecteur » corrigé par Marie de Gournay)
- 1635, édition par P. de Brach et Marie de Gournay (BU Cambridge)
- 1727, édition Coste (déjà sur Gallica et Google Books —BU Gand)
- 1652, exemplaire de Jean-Jacques Rousseau, BU Cambridge
- L’exemplaire de Flaubert conservé à Canteleu
- L’exemplaire de Leyde avec les dessins de Pieter van Veen (éd. Paul J. Smith)
- Les fac-similés (1569, 1581) de la Théologie naturelle, traduction de Montaigne ; la transcription sera celle de 1581, avec les leçons de 1569.
- Le fac-similé de l’édition de la Theologia naturalis la plus proche de la traduction de Montaigne : Richard Paffroed (ca. 1480).
Chaque fac-similé de référence sera indexé par sa table des matières saisie séparément et gérée par le moteur XTF ou équivalent (métadonnées moissonnables par la BM de Bordeaux, Gallica et Europeana).
Liste des fac-similés acquis auprès de la Bibliothèque de Cambridge :
- Lucrèce, 1563 (en ligne, accompagné des transcriptions et traductions nouvelles d'Alain Legros), avec signature
- Montaigne, Essais, 1652 (en ligne)
- Aimoin, Historiae Francorum lib. V, 1567, avec signature
- Appien, Romanorum historiarum, 1551, avec signature
- Garimberto, La prima parte, delle vite, overo fatti memorabili d'alcuni papi, 1567, avec signature
- Sophocle, Tragedies, 1553, avec signature
- Bruès, Les Dialogues, 1557 (en ligne)
- Montaigne, Essais, 1598 (en ligne)
- Du Bellay, Les Regrets, 1565 (en ligne), avec signature non authentique
- Pichot, De animorum natura, 1574
- Vinet, Schola aquitanica, 1583
- Montaigne, Essais, 1635 (en ligne)
- Plutarque, Eroticus, 1557 - trad. A. Du Ferron, ann. La Boétie
- Montaigne, Essais, 1595
- Terentius, P. Terentii Comoediae sex, 1541, avec signature, reprod. de la page de titre
- Egnatius, De exemplis illustrium virorum, 1554, avec signature, reprod. de la page de titre
- Vida, Opera, 1541, avec signature, reprod. de la page de titre et de l’ex dono
- Strabo, De situ orbis, 1549, avec signature, reprod. de la page de titre
Les transcriptions des éditions
- Transcriptions plein-texte, avec fac-similé affiché en face, page à page :
- Essais, œuvres et documents de Montaigne
- 1580-82, 1588, 1595
- 1588-EB, diachronique
- Théologie naturelle 1569-81
- Manuscrits
- Livres de la « librairie » (sélection)
- Lucrèce, De rerum natura (éd. Denis Lambin commentée), avec transcription et traduction nouvelle des annotations manuscrites (par A. Legros)
- Sélection d’une vingtaine d’ouvrages constituant le contexte de la philosophie en français (originaux ou traductions) à son époque : Guy de Bruès, Pierre Boaistuau, Philippe Canaye, Pierre de La Primaudaye, Jean de Coras, Stefano Guazzo, Juan Huarte, Etienne de La Boétie, Pierre de La Ramée, Louis Le Roy, Louis Le Caron, Pierre de Lostal, Ambroise Paré, Etienne Tabourot, Jacques Tahureau, Pontus de Tyard.
- Transcription par OCR brut, corrigé ou non suivant les évolutions techniques ; tous les ouvrages dont le PDF (téléchargeable) est généré par les BVH sont océrisés automatiquement (et livrés au format PDF-mrc, à partir de JPG2000) ; des solutions sont à l’étude : 1) avec la BnF – projet européen IMPACT ; 2) par une autre méthode grâce à un financement Google pour en améliorer les performances1.
L’équipe BVH projette d’effectuer les travaux suivants :
- Structuration du fac-similé en XML, transcription et contrôle des sommaires
- Extraction des éléments illustrés (frontispices ornés, portraits, lettrines, matériel typographique) avec leur indexation
- 1580 : Encodage des coquilles corrigées avec les balises <sic> <corr>, intégration des corrections et additions de 1582, encodage des noms propres (personnes, lieux) avec leur régularisation selon des thésaurus d’autorités (balise <reg> et pointeur vers les sources thésauriques et la base prosopographique BUDE (IRHT) ; avec l’outil « TEI Viewer » (mis à disposition par le King’s College, Londres, est testé par les BVH), il est possible d’afficher les versions, les corrections, les annotations, les éléments indexés
- Saisie des traductions des citations latines, italiennes et grecques (affichées ou non à partir d’un menu) et référencement des sources.
Transcriptions :
- Les transcriptions de l’édition de 1580-1582 et 1588 sont obtenues à partir des transcriptions commandées et déjà acquises par les BVH : chacune correspond à une double saisie en parallèle, externalisée et corrigée par comparaison et application d’un correcteur « orthographique » spécifique. L’édition de 1582 (en double version, quasi-diplomatique/ régularisée), ne sera pas saisie séparément, mais les différences et corrections qui la distinguent de l’édition princeps seront encodées en TEI de façon à permettre l’affichage de l’une ou l’autre selon les feuilles de transformation XSLT
- La transcription de l’édition de 1588 :
- Saisie en double version (quasi-diplomatique/ régularisée), affichage sans encodage autre que de structure.
- Encodage des coquilles corrigées avec les balises <sic> <corr> (avec des « types » spéciaux pour les retouches manuscrites de Montaigne sur EB, distinguant les retouches de ponctuation et majuscules, des additions et corrections portant sur le texte), encodage des noms propres (personnes, lieux) avec leur régularisation selon des thésaurus d’autorités
- La vérification et l’encodage de l’édition de 1595, déjà transcrite et diffusée en ligne par « Trismégiste » (auteur inconnu), et régularisée (c’est-à-dire en version « patrimoniale »), avec encodage des noms propres supplémentaires (personnes, lieux) et régularisation selon des thésaurus d’autorités
- L’océrisation de l’édition de 1595 sur l’un des exemplaires à numériser, pour obtenir la version quasi-diplomatique, non accessible actuellement ; cette opération servira de test pour l’application des recherches concernant l’OCR RETRO et les avancées du projet IMPACT.
L’édition diachronique de 1588-EB, l’« exemplaire de Bordeaux »
La transcription et l’édition diachronique de 1588-EB sera réalisée en tenant compte des signes d’insertion proposés par A. Legros : un modèle est en cours d’élaboration par le consortium TEI et pourrait être appliqué à cet exemplaire. Cette transcription et cet encodage seront effectués à partir du texte de 1588 (L’Angelier) modifié par insertion des corrections, additions, ratures, surcharges, datation estimée des différentes « mains » (avec les trois ajouts de Marie de Gournay, dont les premiers mots sont de la main de Montaigne : voir A. Legros, BHR 2003-3) et campagnes de relecture de Montaigne, selon les principes de la transcription quasi-diplomatique :
- Aucune modification dans les graphies ni la ponctuation ; encodage spécifique de la ponctuation ou de son absence (avec la collaboration du laboratoire ICAR, ENS-Lyon, Serge Heiden et Alexei Lavrentiev)
- Saisie et encodage des brévigraphes
- Saisie et encodage des ratures, repentirs, surcharges, manques (encodage des restitutions effectuées d’après 1595) selon les schémas prévus par la TEI et l’utilisation de la nomenclature de l’ITEM pour rendre compte des états ; balises <gap>, <supplied>, <deleted>, etc.
- Saisie en particulier des modifications opérées sur la partie imprimée, notamment les innombrables retouches de ponctuation et des majuscules « de scansion » (A. Tournon).
Cette édition n’est pas « critique » dans la mesure où elle n’offre pas tout l’apparat nécessaire à un travail d’érudition considérable. Elle est d’abord générique (susceptible d’enrichissements ultérieurs) et diachronique par l’intégration de la temporalité dans l’écriture (autant que possible), la combinaison des deux constituant un élément majeur du travail philologique. Les compléments d’élucidation des sources, le glossaire et la partie encyclopédique sont envisagés dans le cadre d’une annotation collaborative contrôlée.
- La régularisation « patrimoniale » automatique des graphies des états de référence, 1580-82, 1588, 1595, destinée à alimenter la base de données textuelles gérant le corpus par les outils du TAL (traitement automatique du langage), Philologic (U. de Chicago), Analog (Poitiers, laboratoire FORELL), TXM (Lyon, laboratoire ICAR). Elle s’obtient par un module de dissimilation opérationnel depuis 2010 au CESR, à partir d’une série de règles et par l’utilisation de dictionnaires spécifiques. Elle présente l’avantage de ne pas perturber les outils du TAL par un trop grand nombre de variantes sans exploitation linguistique, tout en gardant les informations morpho-phonétiques et syntaxiques fondamentales (accentuation et ponctuation en particulier).
- Cas de 1580-82, 1588 et 1588-EB (transcription quasi-diplomatique) : production d’un état intermédiaire dit « patrimonial » avec régularisation des ij/ uv et expansion des brévigraphes, la dissimilation automatique étant obtenue par l’outil mis au point par les équipes de Poitiers-Tours.
- 1588-EB : cette dissimilation ne sera appliquée qu’à la couche ultime de corrections pour le traitement par PhiloLogic
- Cas de 1595, transcription déjà régularisée : vérification, cartographie à l’aide de SIG (systèmes géoréférencés).
Un corpus étendu
Autres textes manuscrits de Montaigne (fournis par Alain Legros en transcription diplomatique) :
- Les annotations aux livres de la « librairie » accompagnés de leur version patrimoniale pour les textes français et de traductions pour le latin et le grec
- Les arrêts en versions diplomatique et patrimoniale : 10 entièrement autographes au rapport de Montaigne (voir avec K. Almquist pour ceux qui ne le sont que partiellement : une quarantaine), provenant des Archives Départementales de la Gironde
- Les lettres en versions diplomatique et patrimoniale : (BnF Département des Manuscrits, Bibliothèque de Monaco, BM de Bordeaux, Archives Municipales de Bordeaux, Rome —Bibliothèque Vaticane et Archives d’Etat—, Londres…
- Les inscriptions murales, les sentences de la « librairie » et le jeton (avec translittération du grec et traduction en français)
- Les notes autographes sur vélin (voir A. Legros, Montaigne manuscrit, p. 102 et fig. 81-84), et aussi certains titres sur reliure ancienne.
- Le Journal de Voyage (Meunier de Querlon) et la copie Leydet de la BnF Manuscrits (qui permet de corriger Meunier de Querlon)
Toutes les versions patrimoniales seront intégrées au corpus linguistique, testées sur Philologic, Analog et la plateforme TXM.
Autres documents relatifs à Montaigne :
- Les deux index romains (Godman/Desan, avec corrections d’A. Legros, BHR 2009-1, corroborées par R. Armogathe et V. Carraud)
- Les documents d’archive relatifs à la famille (archives de la Gironde, etc.) et au Parlement (voir A. Legros, Montaigne manuscrit, p. 133, et les lettres reproduites dans l’ancienne édition de La Pléiade)
- Traductions de La Boétie éditées par Montaigne, avec vers latins/français de La Boétie, dédicaces de Montaigne et la « Lettre sur la mort de La Boétie ».
Diffusion : modernisation des graphies, référencement
- Modernisation (des graphies et non de la langue)
- Outre l’avantage d’offrir au lecteur non spécialiste une lecture plus facile, elle permet d’obtenir l’état sur lequel seront proposées des segmentations d’alignement indispensables à la constitution des corpus parallèles, à partir desquels s’effectue la comparaison des états (1580-82, 1588, EB, 1595). Elle s’obtient grâce un module de modernisation graphique du français de la Renaissance, en cours de développement à Tours, ou par la reconnaissance vocale (voir « version audio »).
- Référencement
- La convention avec la BnF (dont le CESR est pôle associé) permet le moissonnage de l’entrepôt BVH par Gallica ; la convention avec Europeana permet le moissonnage par la bibliothèque européenne ; l’intégration au moteur Isidore du TGE Adonis est effective depuis décembre 2010.
- Toutes les versions transcrites des Essais seront considérées comme des productions reconnues dans le cadre de la propriété intellectuelle, dotées d’un ISBN, un identifiant universel (DOI ou autre) et protégées comme le site lui-même par une licence Creative Commons (pas de réutilisation sans permission). L’harmonisation avec les protocoles Gallica et Europeana est en cours.
- Les fac-similés sont soit consultables en ligne (format JPG), soit téléchargeables en PDF haute définition et PDF-mrc (avec OCR brut en texte caché), librement et sans authentification.
L’écrit et l’oral
Expertise de la « main » de Montaigne
Une étude scientifique de l’écriture de Montaigne peut être réalisée et offrir de nouvelles attributions, à partir de numérisations d’excellente qualité. Une base d’échantillonnage de l’écriture de Montaigne, selon ses différentes périodes d’annotation et d’addition (du jeune Montaigne qui annote en latin au Montaigne des Essais qui grossit l’Exemplaire de Bordeaux en français) sera soumise à une double expertise : 1) celle d’Alain Legros (membre associé du CESR, éditeur des annotations dans le volume Montaigne de la Pléiade 2007 et dans Montaigne manuscrit, 2010) ; 2) celle des laboratoires de reconnaissance de l’écriture, CRIP 5 (Paris V) et le LIRIS (INSA Lyon). Cette expertise servira à authentifier ou non les exemplaires annotés sans ex libris ni signature (le Lycosthenes publié par Etienne Ithurria, l’édition d’Homère apparue sur le marché), qui contiennent des annotations non identifiées, et à les comparer avec d’autres échantillons d’écriture authentifiée de l’époque (La Boétie, Marie de Gournay, etc.). Cette base sera comparée à la base des « mains » des humanistes de la section de l’humanisme de l’IRHT (Base BUDE développée par Marie-Elisabeth Boutroue).
Les graphies manuscrites de Montaigne
Les études sur l’orthographe de Montaigne, menées de façon ciblée par André Tournon (sur la ponctuation), et sur les pratiques des typographes par Nina Catach, pourront être renouvelées ou prolongées par la transcription de tous les manuscrits autographes de Montaigne, ce qui obligera à tenir compte de l’orthographe spontanée des scripteurs du XVIe siècle. Il sera possible d’exploiter systématiquement les graphies de Montaigne, avant toute intention et pratique d’auteur, dans les arrêts, notes du Beuther et notes du Nicole Gilles, puis dans les autres notes de lecture et les lettres (évolution de –eur vers –ur, oë/oi, ste/cete……), et dans ces témoignages exceptionnels que sont les additions à l’Exemplaire de Bordeaux.
Version audio
Cette version est destinée à tous les publics et aux personnes malvoyantes. Développée avec le Laboratoire Ligérien de Linguistique d’Orléans (LLL) et le Laboratoire d’Informatique de Tours (Denis Maurel), elle propose l'oralisation et l'alignement texte-son sur les pages d’un original de référence (1595).
Reconstitution 3D
Un premier projet avait été élaboré par Anne-Marie Cocula en 2000 avec Robert Vergnieux (Archéovision) et l’expertise d’Alain Legros. La reconstitution du château dans son état d’avant 1850, et de la « librairie » dans son état présumé au temps de Montaigne avec les poutres peintes, avait été commencée et la réutilisation de ce travail est envisagée. Le projet pourra s’enrichir en ajoutant :
- Une reconstitution hypothétique de la disposition des livres sur les étagères (en fonction des inscriptions qui restent sur les tranches ou les dos, peut-être autographes)
- Un lien entre les livres virtuels sur les étagères et les livres intégralement numérisés (la librairie reconstituée devient —pour le grand public et les chercheurs— une entrée dans les livres).
- Un lien entre les sentences peintes sur les poutres, leur transcription et leur traduction par A. Legros.
Marie-Luce Demonet, 25 juillet 2011
1. Bourse obtenue en décembre 2010 pour le projet BVH, par le Laboratoire informatique de Tours ; une autre bourse accordée au CESR concerne les développements linguistiques. Google Digital Humanities Awards : Polytech’Tours et le CESR récompensés