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FORSE : FOnds Rabelais et ses Sources En ligne
œuvres et images, éditions majeures et manuscrits


Janvier 2008

Résumé du projet

Une base « Rabelais » pionnière  a été mise en ligne en 1995, mais actuellement, ni  le chercheur ni le grand public ne peuvent consulter sur la toile, ni même sur papier, l’ensemble des textes écrits, ou présumés écrits, par Rabelais. Le projet FORSE est élaboré par plusieurs contributeurs qui possèdent une bonne expérience à la fois de l’édition électronique et des problèmes posés par l’édition d’un auteur aussi complexe que Rabelais. Cette équipe de chercheurs (de Tours, Paris, Limoges, Lille et Poitiers, avec des collaborations étrangères) désire associer cette expertise à la connaissance large et variée du contexte dans lequel l’œuvre de Rabelais a pu se développer. Grâce au soutien des collectivités territoriales qui lui assure des co-financements importants, le Centre de la Renaissance de Tours dispose d'une infrastructure adéquate et assume la tâche de  rassembler autour de Rabelais un corpus important, dont le noyau est l’œuvre elle-même dans ses versions  majeures. À partir de celui-ci sera possible l’accès à deux corpus satellites : l’un en amont —les sources les plus importantes—, l’autre en aval, —les imitateurs et admirateurs de Rabelais dans sa postérité immédiate. Engagés pour la plupart depuis 2003 dans le programme des « Bibliothèques Virtuelles Humanistes », les membres de l’équipe constituée au sein du CESR et autour de ce corpus le traiteront comme son fleuron et la cible principale de la sélection à numériser au sein de ce programme. Le contexte est particulièrement favorable puisque le CESR a depuis décembre 2006 le statut de « pôle associé » de la Bibliothèque nationale de France, ce qui lui permet d’accéder aux documents précieux concernant Rabelais et d’espérer les intégrer au corpus.
Trois tâches doivent être menées en parallèle. La première est de rassembler en corpus les documents et les différentes bases de données en cours de constitution, et de les compléter par des documents actuellement non disponibles sous forme numérique (manuscrits et imprimés), à partir de l’œuvre de Rabelais, de ses lectures et des cercles qu’il a pu fréquenter. Le plus grand nombre possible de transcriptions sera fourni au fur et à mesure de l'évolution du programme, de façon à donner un large accès au plein texte. Le corpus se divise lui-même en trois parties :
1) Plus de 30 éditions des œuvres de Rabelais, publiées entre 1532  et 1564, dont les principales seront en mode texte, accompagnées des manuscrits autographes ou présumés tels et d'une iconographie inédite ;
2) Une centaine d’ouvrages constituant les sources d’inspiration de Rabelais, soit très connues comme les Adages d’Erasme, soit moins connues comme la compilation des Lectiones antiquae de Caelius Rhodiginus, auxquelles s'adjoignent des manuscrits inédits relevant de ces érudits, certains méritant d’être intégralement transcrits ;
3) Une cinquantaine d’ouvrages trahissant une influence manifeste de Rabelais (traductions et adaptations) d’une part, ou mentionnant Rabelais pour le critiquer ou le louer d’autre part. La mise à disposition de ces documents vise à fournir des sources de première main, tant pour l’interprétation de l’œuvre que pour le rassemblement des documents biographiques. Pour éviter l’écueil d’une édition encyclopédique gigantesque, le terminus ad quem est marqué par les dates du Moyen de Parvenir (1610-1616) texte de l’un des imitateurs les plus originaux de Rabelais, François Béroalde de Verville, ce qui coïncide avec la fin de l’époque Henri IV. Les traductions les plus anciennes seront aussi mises en ligne (en allemand, néerlandais, anglais).
Cet ensemble, représentant près de 200 documents, dont 400 000 images et 15 000 pages transcrites (30 Megaoctets de texte), alimentera la deuxième tâche que constitue le traitement par des outils appropriés, tous opérationnels dès 2008 : si l’acquisition en mode image ne pose plus de problème majeur, grâce à la stabilisation des standards en jpeg peu compressé, l’acquisition pour le mode texte sera notablement accélérée, et moins coûteuse, grâce à l’utilisation de logiciels spécifiques développés avec les équipes d'informatique partenaires d'autres programmes. Pour la structuration automatique de la page, AGORA permet de séparer éléments graphiques et zones de texte; pour la reconnaissance des caractères anciens (RETRO) l'intervention manuelle sera limitée à la vérification et à l'encodage. Ainsi, le projet présente des applications originales : les « images » sont non seulement les pages de texte en mode image, mais tous les éléments graphiques extraits des documents numérisés, convenablement indexés et accessibles par un moteur de recherche mixte fondé sur le thésaurus Iconclass. Également inédit est le travail qui sera mené sur l’identification et l’authentification des manuscrits, testés à partir des outils spécifiquement développés pour l’analyse de l’écriture, et par comparaison avec une base de « mains » d’humanistes élaborée par l’IRHT. La question de l’authenticité de certains documents pourra ainsi être reposée avec un nouvel outil technologique. Enfin, la troisième tâche doit aboutir à la visualisation simultanée des images et des textes, permise par l’organisation des métadonnées et un encodage xml/tei : l’équipe a mis au point, en 2007-2008, en collaboration avec d’autres laboratoires traitant des textes anciens, une feuille de style soumise à la communauté des spécialistes de la Renaissance et compatible avec les protocoles OAI existants et les standards du portail Europeana. Il est important que ces ressources, d’images et de textes, puissent constituer un véritable corpus avec sa singularité, mais puissent aussi être reconnues comme le socle d’un « dépôt » de données sur Rabelais et sur son  époque, correspondant à une dissémination pertinente des résultats de la recherche.

Marie-Luce Demonet
marie-luce.demonet@univ-tours.fr