MONTAIGNE,

"De l'amitié", Livre I, Chapitre 27, Les Essais, 1595

Les Essais de Michel de Montaigne, édition de 1595
adaptée par Marie-Luce Demonet et Elise Gauthier

Texte lu par Pierre Tissot

La prononciation est celle du français actuel : comme nous ne savons pas quelle était la prononciation "gasconne" du français de Montaigne, nous n'offrons pour le moment qu'une version sonore modernisée.

Enregistrement par le studio Lunablue, Paris
Synchronisation, montage et multimédia par Jean-Philippe Corbellini, MSH Val de Loire

Bibliothèques Virtuelles Humanistes
Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance
Université de Tours

Marie-Luce Demonet, 27 janvier 2014

Le corps d’une belle femme se termine en poisson.

Horace, Art poétique, 4.
et moi-même, connu pour les sentiments paternels que je porte à mes frères.

Horace, Odes, II, II, 5-6.
– car elle ne nous est pas inconnue, la déesse qui mêle aux soucis de l’amour une douce amertume –

Catulle, Épigrammes, LXVIII, 17-18.
comme le chasseur poursuit le lièvre dans le froid, dans la chaleur, sur la montagne, sur le rivage, ne fait plus cas de lui une fois qu’il le voit pris, et ne désire l’atteindre qu’autant qu’il le fuit.

L'Arioste, Roland furieux, X, st.7.

Qu’est-ce en effet que cet amour d’amitié? Comment se fait-il que personne n’aime un adolescent laid, ou un beau vieillard?

Cicéron, Tusculanes, IV, XXXIII, 70.

L’amour est un effort pour construire une amitié à partir de la vue de la beauté.

Cicéron, Tusculanes, IV, XXXIV, 74.

En dernière analyse, on ne peut juger des amitiés que lorsque les caractères et les âges se sont affirmés et ont acquis la maturité

Cicéron, De amicitia, XX, 74.
Moi, j’en ai usé ainsi; fais, toi, comme il te convient.

Térence, Heautontimoroumenos, I, I, 80.
en homme sensé, je ne comparerais rien à un doux ami.

Horace, Satires, I, V, 44.
que toujours je considérerai (vous l’avez voulu, ô Dieux) comme un jour d’amertume, comme un jour sacré,

Virgile, Énéide, V, 49-50.
et j’ai décidé que je n’ai le droit de prendre aucun plaisir tant qu’il n’est pas là pour y prendre part.

Térence, Heautontimoroumenos, I, I , 149-150.
Puisqu’un coup prématuré m’a arraché cette partie de mon âme, pourquoi m’attardé-je, moi, l’autre moitié, qui ne suis pas autant aimée et qui survis amputée? Ce jour-là a détruit l’une et l’autre moitié.

Horace, Odes, II, XVII, 5-9.
Dans le regret d’une tête si chère, y aurait-il de la honte, y faudrait-il de la modération? –Ô mon frère, qui m’as été malheureusement enlevé! Avec toi ont péri en même temps toutes nos joies que nourrissait ton doux amour pendant ta vie. Toi, mon frère, tu as, en mourant, brisé tout mon bonheur, avec toi notre âme tout entière a été ensevelie; à ta mort, j’ai chassé de mon esprit toutes les études auxquelles je tenais, et tous les plaisirs de la pensée. M’adresserai-je à toi? T’entendrai-je jamais prononcer des paroles? Ne te reverrai-je désormais plus jamais, toi, mon frère, qui m’étais plus cher que la vie? Du moins, je t’aimerai toujours.

Catulle, LXVIII, 20-26; LXV, 9-11.